Les cinq nominés 2008 présentés le 3 mars 2008 étaient :
Le Rural Studio a été créé en 1992 par l’Université d’Auburn. Le projet du professeur Samuel Mockbee consistait à emmener les étudiants concevoir et construire des logements pour les nécessiteux, au plus profond d’un Black Belt dont le cyclone Katrina a révélé le dénuement en 2005. Les mal-logés pouvaient reconstruire une maison, sur des plans faits avec les étudiants et grâce à des subventions du Comté, ainsi qu’aux apports de nombreux donateurs, sollicités pour qu’ils donnent de l’argent ou des matériaux.
Andrew Freear, anglais du Yorkshire, est diplômé de l’Architectural Association de Londres. Il a exercé à Londres puis à Chicago, où il devient professeur de projet à l’University of Illinois. Puis il rejoint le Rural Studio comme directeur adjoint, chargé du suivi des étudiants diplômables. En 2002, il succède à Mockbee comme directeur du Rural Studio. En 2005, Andrew Freear a été primé par la Rural Sociological Society pour “ Distinguished Service to Rural Life”. En 2006 il a reçu le Ruth and Ralph Erskine Nordic Foundation Award. Mais il tient à rester aussi membre de la Rural Heritage Foundation in Thomaston Alabama, et du Volunteer Fire Department in Newbern Alabama.
Cet architecte de l’Afrique est d’abord un grand européen. Né à Naples en 1931, Fabrizio Caròla a fait ses études d’architecture et ses premières réalisations à Bruxelles. Puis il a découvert l’architecture et l’urbanisme moderne français... au Maroc, dans les premières années de l’indépendance, avant de revenir à Naples où il crée sa première agence en 1963. Il s’intéresse alors aux nouveaux matériaux : le polyester, le béton pré-contraint, à propos duquel il obtient en 1971le “Regolo d’oro” pour l’invention d’un brevet. Fabrizio Caròla est dès cette date un constructeur-inventeur.
En 1972, Fabrizio Caròla part diriger un grand projet au Mali et la rencontre avec l’Afrique Noire va faire basculer son destin. L’architecte découvre un monde et une culture dont il s’éprend, l’homme de progrès découvre l’ampleur des besoins, le constructeur ne cessera plus de chercher des solutions justes pour développer sans détruire.
Fabrizio Caròla est architecte diplômé de l’ENSA de La Cambre (1956) à Bruxelles et de la Faculté d’architecture de Naples (1961). Il découvre l’Afrique en 1971 pour une mission au Mali. Il consacre dès lors la majeure partie de son travail à ce continent, en collaboration avec l’Unesco et de nombreuses ONG. Parmi ses œuvres majeures : l’hôpital de Kaedi en Mauritanie (1984), le Centre de formation et de recherche sur les technologies de construction adaptées au sahel à Mopti au Mali (1995). Il fonde en 1985 l’association Napoli : europa-africa (N :EA) dont il est président. Il reçoit en 1995 le prix de l’Aga Khan. Il est fréquemment invité en Europe à enseigner les technologies de construction de maçonnerie à surfaces courbes, à Barcelone, Gênes, Bruxelles, Grenoble etc...
Alejandro Aravena est un architecte de 35 ans, enseignant, chercheur, praticien. Depuis la création de son agence en 1994, de nombreux prix ont salué son oeuvre d’architecte : bâtiments publics, universitaires, maisons privées aussi, qui sont l’atelier d’un créateur qui aime la matière et la géométrie. La nomination pour le Global Award récompense le travail qu’il accomplit depuis 2000 au sein d’Elemental, une structure originale créée pour stimuler la construction sociale, dont il est aujourd’hui le directeur et l’inspirateur.
Diplômé de l’Université catholique de Santiago en 1992, Alejandro Aravena a suivi ensuite le célèbre cours d’Histoire et théorie de l’architecture de l’IUAV de Venise avant de repartir s’installer au Chili en 1994. Il a enseigné à Harvard, Barcelone et aujourd’hui dans son Université. Il a rejoint l’association Elemental en 2000 et est devenu directeur en 2006. Son oeuvre personnelle est abondamment publiée et remarquée : mention spéciale à la Biennale de Venise en 1991, sélection d’Architectural Record pour son palmarès des 10 architectes les plus prometteurs en 2004, médaille Erich Schelling en 2006. Alejandro a écrit plusieurs ouvrages de théorie de l’architecture aux éditions Ed Arq.
Le travail mené par Carin Smuts dans les townships et les campagnes d’Afrique du Sud s’inscrit dans une histoire et sociale de la fin de l’apartheid, qui n’a été complétement supprimé qu’en 1992et a été précédé et suivi d’une période de grandes violences. L’année même où Carin Smuts a passé son diplôme d’architecte à l’Université du Cap, 1984, est traversée d’émeutes raciales, dans les townships mais aussi en milieu rural. Il faudra attendre la présidence de Frederik de Klerk en 1989 pour que les dernières lois de l’apartheid soient abolies et que s’engage le processus qui ménera à la nouvelle Constitution de 1992.
Il n’est donc pas anodin de savoir que Carin Smuts a fondé son agence cette même année 1989, avec l’objectif affiché de participer aux nouvelles politiques de développement des quartiers les plus défavorisés.
Née à Prétoria en 1960, Carin Smuts est diplômée de l’UCT (1984). L’agence CS studio a été fondée en 1989 et aborde le projet à toutes les échelles : de grands équipements comme le Purpose Center de Laingsburg Multi ou des extensions de l’Université du Cap mais aussi des foyers ruraux,des salles communales et actuellement le projet de la prison de Caledon-Helderstroom. Spécialiste reconnue du «low cost housing», Carin Smuts est appelée sur des sites d’intervention similaires à l’étranger, comme au Brésil en 2000 à l’invitation du MST Movement. Elle enseigne en workshop dans de nombreuses universités en (Afrique du Sud et Namibie) et prend aussi le temps d’écrire, avec un sens de la formule qui caractérise les gens d’expérience : «Looking for a Valid Identity in the Ashses of Appartheid», RIBA journal, oct 1995.
Philippe Samyn dirige à Bruxelles une grande agence d’architecture et d’ingénierie. Son fondateur couvre lui-même un large spectre de compétences. Le jeune ingénieur belge s’est formé aux méthodes anglo-saxonnes du civil engineering au MIT puis a étudié l’urbanisme et l’économie avant de parfaire 10 ans plus tard sa connaissance de l’architecture à La Cambre, où s’est sans doute définitivement ancrée une approche du projet toujours comparative et précédée d’un état des lieux de la société où ce projet doit faire sens.
Ses recherches théoriques, sa parole courtoise mais précise, ses derniers travaux nous apprennent que Philippe Samyn a décidé d’engager son crédit d’homme de l’art dans le débat sur l’architecture durable. L’ingénieur a compris que la crise des ressources périme des savoirs, des certitudes; l’architecte se méfie du scientisme Vert qui pourrait les remplacer.
Né en 1948, Philippe Samyn est Ingénieur civil des constructions (UL Bruxelles, 1971), Master of Science in Civil Engineering (MI T, 1973), Ingénieur civil urbaniste (UL Bruxelles, 1973) et architecte diplômée de l’Ecole de La Cambre (1985), Docteur en sciences appliquées de l’université de Liège (1999). Il fonde en 1980 l’agence Samyn et associés, devenue aujourd’hui une grande agence d’architecture et d’ingénierie sur le modèle anglo-saxon. Il enseigne à la Vrije Universiteit Brussel, à la Faculté Polytechnique de Mons et à La Cambre le cours de conception des structures. Il est membre du RIBA depuis 1998 et de l’Académie Royale des Sciences de Belgique depuis 1992.